COP22, l’oubliée médiatique

Entrée COP22 Marrakech - blog eiver

L’entrée de la COP22 à Marrakech, construite en structures réutilisables. Architecte : oualalou + choi. Image : Laurent Clement.

La 22ème « Conference Of the Parties » sur le climat s’est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre dernier. Pas de chance, c’est tombé en pleine Trumpête électorale aux États-Unis. Du coup elle est un peu passée inaperçue. Pourtant la COP22 a bien eu lieu, je vais essayer de vous en parler… même si je crains que ce lundi, encore une fois, les sujets politiques ne viennent Fillonner toute l’attention médiatique !

Les emissions mondiales de CO2 plafonnent…

Pour commencer, le dernier bilan annuel du consortium scientifique GCP a réservé une bonne nouvelle aux chefs d’État venus à la COP22 : les émissions mondiales de CO2, le principal gaz à effet de serre (GES), ont stagné en 2015 et devraient rester quasiment stables en 2016. C’est une rupture claire par rapport aux +2,3% par an observés sur la décennie 2004-2013. Et c’est d’autant plus remarquable que pendant ce temps-là, en 2016, la croissance mondiale du PIB sera supérieure à 3%. Bref, on dirait que les humains commencent enfin à apprendre à vivre et produire de façon moins polluante…

…mais ça ne suffira pas

Car même si les émissions arrêtent d’augmenter, on continue à envoyer massivement du carbone dans l’atmosphère. 45 à 50% de ce qu’on émet y va – le reste est absorbé par l’océan et la végétation. Et la végétation, justement, en absorbera moins cette année, à cause des sécheresses. Pour vous donner une idée, il y avait dans l’atmosphère en 2015 44% de CO2 de plus qu’à l’ère pré-industrielle. Et chaque année on en remet une couche. Les scientifiques l’ont répété à la COP22 : si l’on veut rester sous la barre des 1,5 ou 2° de réchauffement, il faut non pas stabiliser, mais réduire drastiquement les émissions.

Mais bon, hein, avant de baisser une courbe commence toujours par arrêter de monter ! Les résultats 2015-2016 sont donc une bonne nouvelle. Simplement, il ne s’agit pas de s’arrêter là.

Ombre d'arbre sec dans le désert - blog eiver, COP22

Il fait déjà chaud au Maroc, ils n’ont pas envie d’avoir encore 2° de plus (Photo de Mohamed Ali Sbai. Voir son très beau regard sur le désert sur http://mohamedcheikhsbai.com/fr/2015/09/)

La COP22 devait préciser les objectifs de l’accord de Paris

L’accord de Paris a été adopté le 12 décembre 2015 par 195 pays à l’issue de la COP21. C’est le premier accord universel sur le climat. Il a notamment été ratifié par la Chine et les USA, les deux plus gros émetteurs de carbone de la planète. Pour limiter le réchauffement climatique « nettement en dessous de 2 degrés » par rapport aux niveaux préindustriels (1880-1899), les signataires se sont fixés comme objectif de réduire leurs émissions de CO2 de 50% d’ici à 2050, et de 100% d’ici à 2100. L’accord stipule que les pays développés devront « montrer la voie » par leur action chez eux, et « encourageront » les pays en développement par un soutien financier (de 100 milliards $ a-t-on dit).

Reste à préciser les modalités d’application de tout ça. Après l’accord historique de Paris, il était attendu que les résultats de la COP22 soient moins spectaculaires, car il s’agissait cette fois-ci d’entrer dans les détails.

Pour commencer, il a été convenu d’avancer la date de l’adoption des modalités d’application de l’accord de Paris à 2018 au lieu de 2020. On accélère ainsi l’entrée en vigueur concrète de cet accord. Sans attendre, plusieurs États – et pas des moindres : les États Unis, l’Allemagne, le Canada,… – ont présenté à la COP22 leur plan pour atteindre effectivement le « zéro net émission » en 2050. Ce qui signifie qu’ils prévoient à cette date de ne plus émettre plus de CO2 qu’ils ne peuvent en compenser. Reste qu’à ce jour, la liste des mesures annoncées par l’ensemble des pays signataires ne permet pas encore d’envisager les « 2° ». Il faudra compléter les propositions. Remise des copies, donc, en 2018 au plus tard.

Les pays développés ont commencé à mettre au pot des différents fonds d’aides, même si on est encore très loin du compte là aussi. Mais l’attribution de ces fonds reste un sujet de disputes : faut-il privilégier plutôt « l’atténuation », c’est à dire la lutte contre les émissions, comme le souhaitent les pays développés ? ou plutôt « l’adaptation », c’est à dire les aides pour faire face aux changements climatiques, comme le demandent les pays en voie de développement ?

Enfin, après l’élection du climato-sceptique Donald Trump, il a semblé utile à chacun de rappeler l’irreversibilité de l’accord de Paris. L’ensemble des États présents ont fait bloc en ce sens. Il n’en demeure pas moins que l’accord de Paris ne prévoyant pratiquement pas de sanction, il reste une affaire de bonne volonté des États.

La voiture reste un gros émetteur

Trafic en Inde et bouchons - blog eiver COP22 En quoi tout celà concerne-t-il une chronique sur l’automobile ? Bien évidemment en ce que les transports routiers individuels participent grandement aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais de combien exactement, au fait ? Prenons l’exemple de la France, pays « mature » typique avec son taux de motorisation élevé et à peu près stabilisé : la circulation des voitures + utilitaires légers + deux roues y représente environ 22% des émissions de GES totales du pays (chiffres 2014. Et comme on va me demander d’où je sors ça, je donne le calcul en bas de page).

Mais c’est vers les pays en voie de développement qu’il faut regarder, car c’est de là que viendra ou non la catastrophe. On nous prédit 9 à 10 milliards d’êtres humains en 2050, et il est bien entendu souhaitable que tôt ou tard tous vivent bien. Or avec le développement vient systématiquement la voiture individuelle. Et là… Imaginez ce qui arrivera lorsque tous les pays du monde auront le même taux d’équipement que les pays développés ! Pour situer, on est en Europe à 500 voitures pour 1000 habitants, 600 pour 1000 aux États Unis. Songez que les Chinois n’en sont encore qu’à environ 110 pour 1000, malgré un marché qui a explosé depuis 10 ans. Et les 1,250 milliard d’Indiens n’ont pour ainsi dire même pas encore commencé : seulement 20 voitures pour 1000 habitants… On n’a pas fini de voir le nombre de voitures augmenter !

Il faudra passer à autre chose que le moteur à combustion

Heureusement, la plupart de ces pays ont conscience du problème. Et de toute façon, dans un pays comme la Chine, la pollution est devenue un tel problème de santé publique que ça ne leur laisse plus le choix : le gouvernement veut passer au plus vite à la voiture électrique, et il la subventionne fortement. On peut penser que si les Chinois le veulent, ils le peuvent. Mais qu’en sera-t-il dans des pays qui ont moins de moyens ?

pollution en Chine

L’avantage avec les carburants fossiles, c’est que, avant même de détraquer le climat, ils commencent par nous asphyxier directement… du coup on est (devrait être) bien obligé de réagir ! La Chine commence à passer à l’action : en 2015, les Chinois ont acheté environ 88 000 voitures électriques, soit presque autant que l’ensemble des pays européens (98 000) (source image : zhongguowenhua.free.fr)

Bon, tout celà est bien noté, mais nous, individuellement, que peut-on y faire ?

Scoop : il existe un remède quotidien contre le CO2

On ne le répétera jamais assez, nous avons sous la main une solution toute prête pour lutter contre le réchauffement climatique : l’appli eiver ! Simplement en influant sur le comportement au volant, eiver fait gagner 12% d’émissions de GES au bout d’un an d’utilisation*. C’est gratuit, ça fait faire des économies, et on peut même trouver ça ludique. Alors pourquoi se priver ?

*Gain observé chez les utilisateurs d’eiver, entre leur consommation de carburant lors de leurs premières utilisations de l’appli et leur consommation 1 an après (données eiver). C’est aussi efficace que 10 ans de progrès technique des motoristes !

En attendant qu’eiver soit présent à la COP23, voilà déjà ce qu’on pouvait dire aujourd’hui sur la COP22.

C(argeek)OP22

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Calcul de la part du trafic des véhicules individuels dans les émissions de gaz à effet de serre (GES), en France, derniers chiffres que j’ai trouvé : En 2014, le transport a représenté 29,6% des émissions de GES totales du pays, et le transport routier a représenté 94,7% des émissions de GES du transport. Par ailleurs, en 2013, les « véhicules lourds » ont représenté 23,0% des émissions de CO2 du transport routier, et les véhicules individuels 77,0% (voitures 55,5%, utilitaires légers 20,2%, deux roues 1,3%). Donc : 29,6 x 94,7% x 77,0% = 21,6%. (chiffres Citepa cités par le Ministère de l’environnement dans un dossier téléchargeable ici, pages 35 et 36)

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Erratum dans ma dernière chronique : selon l’AVERE, il s’est vendu aux États Unis 73 301 voitures électriques en 2015, et non pas 113 000 comme je le mentionnais. Ce qui en fait le 2ème marché pour les voitures 100% électriques, derrière la Chine (88 000 ventes estimées en 2015), voire 3ème derrière l’Europe (97 687) si on considère cette dernière comme un marché unique. Le chiffre de 113 000 (source : Le Monde) incluait en fait les hybrides rechargeables, ce qui me semble être un rapprochement discutable car les hybrides rechargeables ne sont pas « zéro émission ». J’ai donc corrigé le texte en isolant les véhicules 100% électriques et en regroupant hybrides rechargeables et non rechargeables. Toutes mes excuses, chers lecteurs, pour cette imprécision.

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