Le Dakar de 2017, et celui des frères Marreau

C’est le grand rallye d’aventure, la compétition de sport mécanique la plus suivie au monde avec la Formule 1 et les 24h du Mans. Lundi 2 janvier, dans une semaine pile, commence le Dakar 2017. Voyons quelles nouveautés nous ont été concoctées pour cette année, avant de se faire plaisir avec quelques images des premières éditions en compagnie des fameux frères Marreau…

 

Parcours du dakar 2017Dakar 2017, quoi de neuf ?

Du 2 au 14 janvier, les concurrents du Dakar 2017 vont parcourir près de 9000 km, dont 4000 km de spéciales chronométrées, sur les pistes du Paraguay (pour la première fois), de la Bolivie et de l’Argentine. Avec 7 spéciales de plus de 400 km, les pilotes vont suer. Avec 6 jours au-dessus de 3000 m d’altitude, les suralimentations vont manquer d’air.

Nouveauté cette année : les SSV auront leur catégorie à part. Un SSV ? C’est un mix entre un quad et un buggy. Comme les quad, les SSV ont un moteur de moto (1050 cm3 maxi), 4 roues motrices, et des suspensions à grand débattement fixées sur un châssis tubulaire. Comme une voiture, ils ont une carrosserie avec toit et parebrise, deux sièges baquets côte à côte (d’où SSV : « Side by Side Vehicule »), et des commandes à volant et pédales. L’ensemble est plus gros, plus lourd et plus stable qu’un quad.

Cette édition 2017 remettra aussi l’accent sur la navigation au cap et à la boussole. Au Dakar, la navigation se fait au road-book sur papier déroulant. Le GPS ne montre la carte (comme on le connaît tous) qu’à moins de 3 km des points de passage. Sinon, il n’indique que le cap, comme une boussole. Le pilote peut demander à l’organisateur le secours du GPS s’il est perdu, mais il est alors pénalisé – voire éliminé au bout de 3 fois.

Ceci dit, il fut un temps où il n’y avait pas de GPS du tout…

Dakar 1978, c’était tout neuf !

Le 26 décembre 1978, Thierry Sabine donne le coup d’envoi du premier rallye Paris-Dakar. L’homme avait fait ses premiers pâtés de sable quelques années plus tôt en créant l’enduro du Touquet. En cet hiver 1978 donc, il réussit à convaincre une poignée de têtes brûlées de réveillonner crâmés sous le soleil d’Afrique plutôt que bien au chaud devant la bûche. Et avec les premières « organisations » de Thierry Sabine, qui comptait aussi un peu sur l’impro et le culot, c’était vraiment l’aventure !

À l’époque où le Paris-Dakar allait de Paris à Dakar, il n’y avait pas de GPS, la plupart des concurrents avaient bricolé eux-même leur machine, et ils réparaient le soir au bivouac ce qu’ils avaient cassé sur la piste pendant la journée. Parmi ces pionniers, les frères Marreau étaient peut-être les plus connus. En tout cas les plus filmés, ce qui nous permet aujourd’hui de revoir leurs exploits de l’époque. Ils remportent l’édition 1982 avec une Renault 20 préparée de… 1600 cc et 133 chevaux ! On est loin de la 2008 DKR victorieuse en 2016 avec son V6 350 ch. Et avant ça, ils finissent 3ème de l’édition 1980 avec une 4L ! contre des Range Rover, des Jeep VW à moteur Audi conçues pour l’armée, etc.

La voilà justement qui passe, leur petite 4L, sur les 50 premières secondes de cette vidéo, tous embourbés et elle devant. Vous aurez noté en passant qu’il y a des gars qui y allaient en 504 ou en CX ! Quant à la 4L des frères Marreau, il est vrai qu’elle était un peu spéciale, préparée avec une transmission intégrale Sinpar et un moteur de R5 Alpine… mais quand même !

Les frères Marreau, les renards du désert

Quel était donc leur secret ? d’abord, des indications très professionnelles de la part du copilote : « Fais gaffe, fais gaffe ! Fais gaffe, Claude ! » (voir la vidéo ci-dessus de 10’07s à 11’20s). Daniel Elena peut retourner prendre des cours.

Sur cette autre vidéo ci-dessous, les voilà à l’attaque avec leur R20. Et nous découvrons un deuxième secret des frères Marreau : savoir s’adapter au terrain (« y a encore un village chiant ! » 🙂 ). La vidéo est scenarisée à la mode années 80 (notez les bruits de crissements de pneus ajoutés…), mais c’est un vrai régal :

Il faut dire que les frères Marreau étaient des renards du désert bien avant le Paris-Dakar. En 1971, déjà avec une Renault – une R12 Gordini revue par leurs soins -, ils ont établi un record toujours valable aujourd’hui : Le Cap-Alger (15 645 km) en 8 jours, 22 heures et 28 minutes. Vitres en plexi et capot en alu, vous voulez de la high tech, en voilà ! Et si vous ne savez pas comment on fait pour changer de pilote à 170 km/h sans s’arrêter, démonstration par les auteurs ici :

Voilà chers lecteurs, en espérant que ces images de sable vous ont plu, je vous souhaite de poursuivre les fêtes avec brio, et une très bonne année 2017 !

Cargeek

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